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Ils ne veulent pas de pylônes électriques THT sur leurs terres

Le tracé prévu par RTE coupe en deux l’exploitation de 100 hectares de Carole Guintoli et Cédric Bernardi, riziculteurs et éleveurs de chevaux de Camargue à Arles (Bouches-du-Rhône).

Les agriculteurs des Bouches-du-Rhône ont créé une association pour lutter contre un projet de lignes aériennes à très haute tension qui doit traverser une partie du parc naturel régional de Camargue et la réserve national des coussouls de Crau.

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Ils sont à bout. Dans les Bouches-du-Rhône, des agriculteurs ont décidé de créer l’association de sauvegarde des terres de Camargue et de Crau (ASTCC), en octobre 2025. Ceci, après s’être retrouvés nez à nez sur leurs exploitations avec des agents de RTE, gestionnaire du réseau national de transport d’électricité. L’entreprise prévoit la mise en place d’une ligne aérienne THT (très haute tension) d’une puissance de 400 000 volts et longue de 65 kilomètres pour alimenter Fos-sur-Mer. Comptant une trentaine d’agriculteurs, l’association a rejoint le collectif Stop THT 13-30 qui regroupe 13 autres associations. 

Terres de Camargue et de Crau

Controversé, le projet traverse une partie du parc naturel régional de Camargue et de la réserve naturelle nationale des coussouls de Crau. 180 pylônes seraient implantés.

Les terres de Guillaume Meiffre, à la tête d'une centaine d’hectares à Arles, dont la moitié d’oliviers, sont sur le tracé : « La ligne traverse notre exploitation d’est en ouest sur 780 mètres, avec l’installation de quatre pylônes. Elle passe sur de jeunes arbres qui vont bientôt entrer en production. » Une situation inacceptable qui défigure sa ferme et met son avenir en péril. « Qui acceptera de travailler sous ces lignes ? », s’inquiète-t-il par ailleurs.  

Rizière coupée en deux

Cédric Bernardi a appris par des voisins que ses 100 hectares de rizières allaient être coupés en deux : « Nous avons débuté une activité d’élevage de chevaux de Camargue, une race menacée. Nous sommes inquiets. » Le sentiment d’injustice est également profond. « La Camargue est un milieu protégé, nous devons nous soumettre à de nombreuses règles, constate Guillaume Meiffre, qui a été obligé de construire son moulin à l’huile en dehors de son exploitation. L’État s’assoit sur des règles qu’il a lui-même édictées. »

À plusieurs reprises, ces agriculteurs qui militent pour un enfouissement de la ligne, ont réclamé des études d’impact sur les activités économiques. Sans succès.

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